Partie I
Films vus dans le cadre de l'option
Six œuvres étudiées, analysées, discutées en classe.
01 / 06
Connemara
Avis perso : −
Synopsis
Dans le nord de la France, Stéphanie, mère au foyer de 38 ans en quête de sens, croise la route d'une bande de jeunes riders qui pratiquent le rodéo urbain. Fascinée par leur liberté, elle s'y plonge corps et âme, risquant de tout perdre : sa famille, sa sécurité, elle-même. Un portrait de l'émancipation féminine à travers l'adrénaline et la vitesse.
Avis des critiques
Accueil partagé à Cannes 2023. Certains critiques saluent l'énergie formelle et le travail sonore immersif, ainsi que la performance d'Adèle Exarchopoulos. D'autres reprochent au film de rester en surface dans son exploration psychologique, jugé trop stylisé au détriment de la profondeur narrative.
Mon avis personnel
− Peu convaincant
Le film m'a laissée de marbre. Malgré une mise en scène dynamique et des séquences techniquement impressionnantes, l'histoire ne m'a pas touchée. Le personnage de Stéphanie manquait de substance pour emporter mon adhésion, et j'ai eu du mal à m'investir émotionnellement dans l'oeuvre mais je pense surtout que je ne suit pas le publique ciblé.
02 / 06
Nouvelle Vague
Avis perso : ++
Synopsis
Paris, 1959. Après des années à écrire pour les Cahiers du cinéma, Jean-Luc Godard convainc le producteur Georges de Beauregard de financer son premier long métrage. Avec Belmondo et la starlette américaine Jean Seberg, il tourne À bout de souffle dans les rues de Paris, à l'arraché, en improvisant tout. Un film sur la naissance d'une révolution cinématographique — racontée dans le style de cette révolution même.
Avis des critiques
Sélectionné en compétition à Cannes 2025, le film a été largement salué : 4 César en 2026, dont celui du meilleur réalisateur pour Linklater — deuxième Américain à obtenir cette récompense. Les critiques saluent son ton badin et son hommage affectueux, sa direction d'acteurs impeccable avec Guillaume Marbeck en Godard électrique. Certains regrettent toutefois une vision un peu trop douce d'une figure bien plus abrasive.
Mon avis personnel
++ Vraiment apprécié
Je trouve ce film très intéréssant dans sa volonté, c'est une mise en abyme cinématographique mais au dela de ca j'ai également été de manière surprenante vraiment entrainé dans le récit, j'ai trouvé le rythme entrainant et le personnage de Godard même si quelque peu irritant très intéréssant dans sa volonté artistique
03 / 06
Citizen Kane
Avis perso : ++
Synopsis
À la mort de Charles Foster Kane, magnat de la presse, un journaliste part à la recherche du sens de son dernier mot : « Rosebud ». À travers les témoignages de ses proches, se reconstruit la vie d'un homme qui avait tout — et qui mourut seul. Un portrait fragmenté du pouvoir, de l'ambition et de la perte de l'innocence.
Avis des critiques
Régulièrement élu meilleur film de l'histoire du cinéma, Citizen Kane est unanimement reconnu pour ses innovations formelles : profondeur de champ, angles de caméra inédits, structure narrative non-linéaire. Un film fondateur que tout cinéphile se doit d'avoir vu pour comprendre l'histoire du septième art.
Mon avis personnel
++ Vraiment apprécié
ce film ne m'a pas réellement touchée, mais je suis forcée de reconnaitre le monument que ce film représente dans le monde du cinéma, la caméra est utilisé de manière très nouvelle pour l'époque et très intélligente, la mise en scène est admirable et le film en entier est un cas d'école.
04 / 06
Elephant
Avis perso : neutre
Synopsis
Dans un lycée américain ordinaire, une journée comme les autres. Des élèves traversent les couloirs, vivent leurs vies, ignorant ce qui approche. Le film suit plusieurs d'entre eux dans les heures précédant une fusillade de masse, inspirée de la tragédie de Columbine. Un cinéma du temps qui passe, du banal avant le chaos.
Avis des critiques
Palme d'Or à Cannes 2003. La critique salue le dispositif formel radical de Van Sant : longs plans-séquences, répétitions temporelles, absence de jugement moral. Le film est loué pour son refus du spectaculaire là où Hollywood aurait dramatisé. Un cinéma de la distance, politique dans sa retenue.
Mon avis personnel
~ Mitigé
J'ai apprécié l'approche formelle et l'intelligence du propos — ne pas expliquer, ne pas justifier — mais le film m'a laissée dans un état d'indifférence difficile à démêler. Est-ce l'effet voulu, ou un manque d'accroche ? Je reste partagée : admirative de la démarche, moins touchée par le résultat.
05 / 06
Stranger Than Fiction
Avis perso : +
Synopsis
Harold Crick, agent du fisc à la vie parfaitement réglée, commence à entendre dans sa tête la voix d'une narratrice qui commente ses moindres faits et gestes — et annonce sa mort imminente. Panique existentielle et quête philosophique se mêlent lorsqu'il réalise qu'il est le personnage d'un roman en cours d'écriture. Une comédie méta sur la fiction, le destin et le libre arbitre.
Avis des critiques
Le film est généralement bien reçu pour son concept original et sa réflexion sur la narration. Will Ferrell y impressionne dans un registre inhabituel. Certains critiques regrettent que la résolution se montre trop douce face à la radicalité du postulat de départ.
Mon avis personnel
+ Plutôt apprécié
la situation et l'idée de ce film est géniale, il est drole, touchant et très bien éxécute, cependant pour moi la fin est très peu satisfaisante, la happy ending semble forcée et j'ai trouvé cela décevant
06 / 06
L'Étranger
Avis perso : +++
Synopsis
Adaptation du roman d'Albert Camus. Meursault, employé de bureau à Alger, apprend la mort de sa mère sans en être apparemment affecté. Il rencontre Marie, s'implique malgré lui dans la vie de Raymond, et finit par tuer un Arabe sur une plage brûlante. Au procès, c'est moins son crime que son indifférence qui sera jugée — et condamnée. Un film sur l'absurde, l'étrangeté au monde, l'impossibilité de coïncider avec les codes sociaux.
Avis des critiques
Adaptation respectueuse mais souvent jugée trop littérale du roman de Camus. Marcello Mastroianni incarne Meursault avec une placidité troublante. Les critiques reconnaissent la fidélité au texte et la beauté des images algériennes, mais soulèvent la difficulté inhérente à transposer un roman fondé sur une narration à la première personne.
Mon avis personnel
+++ Coup de cœur absolu
Ce film m'a profondément marquée. le personnage de Meursault est passionant, ce n'est pas qu'il ressent rien, il ressent, il comprends, mais seulement il est indifférent, cette adaptation fait ressortir l'élément absurde de manière très marquante, la scène dans sa cellule avec un homme de la religion m'a scotché
Partie II
Sujets étudiés pendant l'année
Deux dispositifs cinématographiques explorés en profondeur.
Sujet 01
La caméra subjective
Définition
La caméra subjective est un dispositif par lequel l'objectif se substitue au regard d'un personnage : le spectateur voit ce que voit le personnage, depuis sa position. Le plan subjectif (ou POV shot) efface la distinction entre regardant et regardé, en plaçant le spectateur à l'intérieur du corps filmant.
Enjeux cinématographiques
Ce dispositif pose des questions d'identification : en voyant à travers les yeux d'un personnage, le spectateur est-il contraint de s'y identifier ? Il peut aussi créer une tension narrative, une temporalité singulière, ou signifier une intériorisation du récit. Utilisée sur une durée, elle peut devenir inconfortable — car elle implique aussi une responsabilité morale.
Exemples notables
- La Dame du lac (Montgomery, 1947) — tout le film en caméra subjective
- Halloween (Carpenter, 1978) — ouverture célèbre
- Elephant (Van Sant, 2003) — usage partiel, dans les couloirs
- Enter the Void (Noé, 2009) — subjectivité poussée à l'extrême
Ce que j'en retiens
Ce qui m'a frappée, c'est que la caméra subjective n'est pas un simple outil de proximité : elle est une prise de position morale. Voir à travers les yeux d'un meurtrier est différent de voir à travers ceux d'une victime. Le dispositif choisit pour nous — et c'est ce choix que l'on doit analyser.
Sujet 02
La voix off
Définition
La voix off désigne une voix entendue sans que sa source soit visible à l'écran. Elle peut être celle d'un narrateur extérieur à la fiction, d'un personnage qui commente depuis un autre temps, ou d'une instance abstraite. Elle est dite « off » parce qu'elle provient d'un espace hors-champ.
Enjeux cinématographiques
La voix off est une instance de médiation : quelqu'un nous raconte, ce qui implique toujours une perspective. Elle peut créer une ironie (le personnage dit une chose, l'image en montre une autre), une temporalité rétrospective, ou une distanciation. À l'inverse, une voix off lyrique peut rapprocher le spectateur de l'intériorité d'un personnage.
Exemples notables
- Sunset Boulevard (Wilder, 1950) — narrateur mort qui raconte sa propre fin
- L'Étranger (Visconti, 1967) — la voix off de Meursault vs. son silence
- Stranger Than Fiction (Forster, 2006) — voix off incarnée dans le récit
- Badlands (Malick, 1973) — voix off décalée, naïve, inquiétante
- Serial Experiments Lain (1998) — voix fragmentée, dissociée
Ce que j'en retiens
Ce que j'aime dans la voix off, c'est sa capacité à créer un espace de pensée. Dans Stranger Than Fiction, c'est un personnage. Dans L'Étranger, c'est Meursault qui ne sait pas se raconter. Dans Lain, c'est une voix qui se cherche. La voix off dit toujours quelque chose sur la capacité du sujet à mettre en récit son existence.
Partie III
Films & séries qui m'ont marquée
Découvertes personnelles, hors cadre scolaire, qui font partie de moi.
01 / 04
The Oldest View
Avis perso : +++
Synopsis
Websérie expérimentale fragmentée, The Oldest View explore la mémoire, la perception et la temporalité à travers des micro-récits visuels qui se répondent et se contredisent. Construite pour YouTube, elle interroge le rapport au souvenirs
Avis des critiques
Peu relayée par la presse traditionnelle, The Oldest View a surtout circulé dans des cercles cinéphiles en ligne, où elle est saluée pour son caractère inclassable et sa réflexion sur le médium numérique. Des créateurs et essayistes vidéo la citent comme une référence discrète mais marquante du cinéma expérimental web.
Mon avis personnel
+++ Œuvre fondatrice pour moi
The Oldest View est une Oeuvre de Kane Pixels, artiste que je trouve dans son entièreté passionnant, qui d'ailleurs réalise le film backrooms avec A24 qui sortira dans un futur proche. cet oeuvre est extrêmement cryptique et possède une méthode de récit très propre à la culture des webséries d'horreurs ou des ARG sur internet, je conseille fortement pour comprendre l'oeuvre dans son entièreté de regarder la vidéo analytiques du vidéaste francais Feldup. un éxemple du génie de l'auteur se montre par éxemple quand on comprend que le rolling giant ne bouge seulement quand on ne le regarde pas, on installe donc une règle au spectateurs de cette entité, pour la briser un peu de temps après, ce qui amplifie encore plus la peur de sa poursuite. kane pixels connait les codes de l'horreur et les manie de manière géniale.
02 / 04
Project Hail Mary
Avis perso : +
Synopsis
Ryland Grace se réveille seul à bord d'un vaisseau spatial, sans souvenir de qui il est ni pourquoi il est là. Peu à peu, la mémoire revient : il est l'unique survivant d'une mission désespérée pour sauver la Terre d'une extinction solaire. Dans l'immensité de l'espace, il va faire une rencontre improbable — une autre forme de vie cherchant la même chose que lui.
Avis des critiques
Le film a été très bien accueilli à sa sortie en 2025, salué pour sa fidélité au roman d'Andy Weir et pour la performance de Ryan Gosling. La relation entre les deux personnages principaux est unanimement citée comme le cœur émotionnel du film. Certains critiques regrettent toutefois un traitement trop lisse pour un sujet aussi vertigineux.
Mon avis personnel
+ Vraiment attachant
Pas un chef-d'œuvre formel, mais un film qui m'a émue sincèrement. La science y est traitée avec sérieux, l'amitié avec tendresse. J'ai aimé son optimisme, même si le film peut paraitre très similaire à d'autres oeuvres de SF j'ai trouvé le traitement de la relation entre un humain et un extraterrestre très intéréssant.
03 / 04
Serial Experiments Lain
Avis perso : +++
Synopsis
Lain Iwakura, lycéenne introvertie, reçoit un e-mail d'une camarade morte. Aspirée dans le Wired — réseau mondial proche d'Internet — elle commence à se dissoudre dans les couches de la réalité numérique. Qui est vraiment Lain ? A-t-elle un corps ? Une mémoire ? Une identité ? La série est une plongée vertigineuse dans la question de ce que signifie d'exister.
Avis des critiques
Culte dès sa sortie au Japon, Serial Experiments Lain est aujourd'hui considérée comme une œuvre visionnaire qui a anticipé les questions d'identité numérique et de dissolution du moi à l'ère d'Internet. Les critiques saluent sa direction artistique étouffante, son rythme hypnotique et la radicalité de son propos philosophique — rare pour une série d'animation à cette époque.
Mon avis personnel
+++ L'œuvre qui me définit le mieux
SEL est très difficile à comprendre, l'histoire est volontairement flou mais cela m'a plongée dans une immersion remarquable, les scènes peuvent se prouver très contemplatives et la direction artistique est passionante. un chef d'oeuvre. si vous aimez l'art éxpérimental SEL vas vous fasciner.
04 / 04
Au Poste !
Avis perso : ++
Synopsis
Fugain est convoqué au commissariat pour être interrogé par le commissaire Buron au sujet du meurtre de son voisin. Mais l'interrogatoire tourne en rond, se répète, se brise. Des personnages entrent et sortent sans logique. Des scènes se rejouent différemment. La réalité s'effrite. Un huis clos absurde, kafkaïen et très drôle, sur la brutalité des institutions et la plasticité du récit.
Avis des critiques
Très bien reçu par la critique française, Au poste ! est salué pour son absurde maîtrisé et son huis clos kafkaïen. Les critiques y voient un Dupieux au sommet de sa forme, avec un Benoît Poelvoorde impérial. Certains le placent parmi les meilleurs films du réalisateur, pour son équilibre entre comédie légère et déstabilisation narrative.
Mon avis personnel
++ Beaucoup apprécié
Un film que j'ai adoré pour sa liberté totale vis-à-vis des conventions narratives. Dupieux prouve que le cinéma peut être absurde et rigoureux à la fois, léger en surface et troublant en profondeur. Benoît Poelvoorde est parfait. J'ai envie d'explorer tout le reste de sa filmographie car j'ai adoré toutes les oeuvres de lui que j'ai regardé.